Rencontre

L’interview confinée de Daniel, gérant de l’épicerie Vrac Day by Day à Caen

Le 02 avril, à Caen

photo day by day 2

Louise : « Bonjour Daniel, avant de commencer peux-tu nous en dire plus sur ton épicerie ?

Daniel :Bonjour Louise. J’ai lancé mon épicerie Day by Day le 24 mai 2019.

C’est une épicerie « vrac » proposant tous les produits du quotidien en quantité suffisante et sans emballage superflu. Day By Day est une franchise créée en 2004 par Didier Onrainta et David Sutrat. Ils ont dû attendre une dizaine d’années avant de pouvoir gagner l’adhésion des financeurs et ouvrir leurs magasins en France, aujourd’hui au nombre de 60. Preuve que le « vrac » n’est pas une mode mais une véritable lame de fond.

En Normandie, il existe deux épiceries Day by Day : une à Rouen et à Caen. Ici comme chez mes confrères, nous travaillons tous les jours pour avoir un peu plus de bio (environ 30% du magasin) et plus de 85% de nos produits sont d’origine France.

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Louise : Quelles ont été les conséquences du confinement dans votre activité ?

Daniel : Au début du confinement, la première approche des gens a été la peur. Ils se sont alors réfugiés vers les supermarchés, même ceux qui étaient dans une démarche de réduction des déchets. Depuis la deuxième semaine de confinement, cela a un peu évolué et les clients reviennent. Ils ont vu qu’ils pouvaient fonctionner quasi normalement. Malgré le contexte actuel, on peut continuer à faire l’effort qu’on faisait avant le confinement. Les clients cherchent le lien social et la convivialité d’un commerce de proximité tout en achetant des produits locaux. Ici, ils me disent « On vient chez Daniel ». Installé depuis un an, je connais bien certains d’entre eux.

Daniel : A noter également qu’actuellement, je propose un système de Drive via la plateforme SupplyShop sur Caen. Je prépare les commandes et je rappelle les clients pour donner la disponibilité des produits aux clients. Ceci du mardi au dimanche de 10h à 13h30 et pendant toute la durée du confinement.

 

espèces marines

Louise : Que représente Surfrider Foundation Europe pour toi ?

Daniel : Je crois au changement. J’ose espérer que cette période difficile permettra une prise de conscience collective, notamment sur les océans. Il faut continuer à se battre. J’aime beaucoup vos actions et quand je peux me rendre utile, j’y participe.

 

 Louise : A ton avis, que peut-on mettre en place à l’échelle locale pour sensibiliser les citoyens à devenir véritablement acteurs de la transition écologique de demain et quels seraient les pièges à éviter ?

Daniel : Pour moi la fausse bonne idée serait de penser que la technologie va tout résoudre. Je suis architecte de métier et dans ce milieu, nombre de maîtres d’ouvrage pensent que la technologie va tout résoudre. Pour moi ça n’est pas le cas, il faut un changement en profondeur de nos modes d’habitation. Il faut que la technologie serve l’homme, c’est primordial. Elle ne doit pas être un élément purement technique.

Si on fait le parallèle avec une maison, je dirais qu’il n’est pas obligatoirement nécessaire d’avoir des panneaux photovoltaïques. L’important est d’avoir une bonne isolation. Cela vient avant tout le reste.

 

Louise : Si tu devais citer des habitudes de consomm’acteur à adopter ?

Daniel:

  • Faire attention aux déchets en privilégiant le frais, le vrac et le local
  • Respecter le cercle des 200 km en achetant des produits produits uniquement localement pour redonner la part belle aux producteurs et agriculteurs locaux

 

Louise : Comment selon toi, les entreprises pourraient s’engager en faveur de la lutte contre les déchets et la sensibilisation des consommateurs ?

Daniel : Je pense qu’il faut favoriser l’inventivité. La tendance extrême du zéro déchet et de limiter la consommation et la production des produits en favorisant ceux d’occasion. Cela peut être néfaste. Pour moi il faut plutôt valoriser les initiatives innovantes à l’image des bouteilles de vin en en lin fabriquées dans la région de Bordeaux. Ce sont ce type d’initiatives qu’il faut mettre en avant tout en plaçant bien le curseur entre innovation bénéfique en matière d’environnement et « greenwashing » qui pour moi devrait être un délit.

 

Louise : Et demain, quelles initiatives collectives souhaiteriez-vous voir émerger pour faire bouger les lignes en matière de lutte contre les déchets et la protection de la biodiversité ?

Daniel : Il faut davantage de solidarité entre les différentes structures, plus d’interactions. Nous devons être une force de frappe et ne pas rester chacun de notre côté.

Je pense malheureusement que les actions auront tendance à se « brutaliser » car les structures dans ce domaine ne se sentent pas écoutées. Le confinement peut être une belle opportunité pour cela. Nous ne sommes actuellement plus dans l’effervescence du quotidien. On a plus le temps de se poser et j’espère que certains se poseront les bonnes questions. »

 

 

Interview réalisée le 02 avril 2020 par Louise HERAIL.

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