Rencontre

L’interview confinée de Martin, salarié du restaurant solidaire et associatif « Sauvages sur un Plateau » à Caen

Le 12 avril, à Caen

 

Louise : Bonjour Martin, avant de commencer peux-tu nous en dire plus sur le restaurant dans lequel tu travailles ?

Martin:

              Bonjour Louise. Je fais partie de la fabuleuse aventure associative de l’association « Bande de Sauvages » créée en 2012 par une bande de copains à l’esprit un peu fou animés par une envie de « faire ensemble, pour un monde plus joli ». 

Le restaurant solidaire « Sauvages sur un Plateau » porté par l’association « Bande de Sauvages » est né quelques années plus tard au cœur du quartier de la Grâce de Dieu.

            Bien plus qu’un restaurant de quartier, c’est un lieu s’articulant autour de valeurs fortes comme le vivre ensemble, la multiculturalité, le respect de l’environnement et l’échange.

 

Nb : plus d’infos ici 

 

Louise : Après le confinement, quel sont vos événements à venir ?

Martin :  Cet été si tout va bien, nous serons présents lors de l’opération « Quartiers animés » à la Grâce de Dieu avec des ateliers de cuisine participative en lien avec des MJC locales ainsi qu’au festival « Eclats de Rue ».

En août, nous organisons notre 2e festival « Sauvages tout terrain » près de Thury-Harcourt : Totalement auto-géré et sans électricité.

sauvages sur un plateau 2

Louise : Que représente Surfrider Foundation Europe pour toi ?

Martin:  Nous avons des liens avec Benoît, le coordinateur de l’antenne Surfrider Calvados. Pour moi Surfrider, ce sont une multitude d’actions militantes de protection de l’environnement et du milieu marin. Je suis content de savoir qu’il y a des initiatives comme celles-ci qui existent. Nous avions réalisé une action commune sur le festival « Natura à Trouville » en 2019. Cela reste un très bon souvenir.

IMG_20191019_132650 (800x600)

            Louise : A ton avis, que peut-on mettre en place à l’échelle locale pour sensibiliser les citoyens à devenir véritablement acteurs de la transition écologique de demain ?

Martin: Pour moi, il s’agirait d’organiser des événements sur le vivre-ensemble avec différentes structures pour attirer divers types de public. Cela pourrait par exemple prendre la forme d’un événement sur le littoral avec un convoyage à vélo pour s’y rendre.

Louise : …Et les pièges à éviter ?

Martin :  Je pense que dans notre discours, il faut faire attention à ne pas être moralisateur car on doit tous se remettre en question. Je milite sur les valeurs de l’alimentation durable avec beaucoup d’humilité car pour moi, il faut avoir conscience qu’on est tous plein de contradictions. Ne pas être dans le jugement car cela peut donner l’effet inverse.

Louise : Si tu devais citer des habitudes de consomm’acteur à adopter ?

Martin:

  • Consommer très peu de viande
  • Eviter au maximum les supers-marchés et privilégier les circuits courts et producteurs locaux
  • Utiliser des sacs réutilisables quand on fait ses courses
  • Prendre son temps.. car on a le droit  !

Louise : Comment selon toi, les entreprises pourraient s’engager en faveur de la lutte contre les déchets et la sensibilisation des consommateurs ?

Martin :            Tout d’abord revoir la base. On est dans un système visant à croître toujours plus et faire plus de profit. Nous sommes dans une logique destructrice de l’environnement et pour moi, nous avons besoin de vraies décisions politiques.

Le système des amendes n’est pas vraiment une bonne idée car les entreprises contournent les restrictions et ne changent pas pour autant leurs pratiques. Il faut que la réflexion sur l’environnement touche des gens au cœur des entreprises. Cela se fera petit à petit. Les dirigeants de demain n’auront pas obligatoirement le même état d’esprit que leurs aînés.

Louise : Demain, quelles initiatives collectives souhaiteriez-vous voir émerger pour faire bouger les lignes en matière de lutte contre les déchets et la protection de la biodiversité ?

Martin :           Il faut retrouver une agriculture locale et relocaliser la production. Ceci notamment en valorisant davantage la culture maraîchère, avoir des contenants réutilisables et en réduisant nos déplacements.

Durant cette période de confinement, nous avons mis en place un point relais AMAP en partenariat avec plusieurs de nos fournisseurs : Gardin Partagéo, la Boîte à Fromages, notre charcutier et la micro-brasserie la Frénésie. Ce point relais a eu beaucoup de succès et est actuellement complet. Ce qui est très encourageant pour la suite.

Interview réalisée le 12 avril 2020 par Louise HERAIL.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s